5 septembre 2010

Meetic - tonneau des danaides?


Meetic comme ses concurrents ( Match.com, frienster, …) est un réseau particulier dans le sens ou la motivation est spécifique : trouver un partenaire pour la vie ou une nuit, pour converser ou commercer, un réconfort ou une excitation. Les uns et les autres varient dans leurs offres selon que la liaison est sérieuse ou libertine, générale ou confinée à un type d'orientation, assistée par des calcul d'affinité ou laissé à l'inititive, ouvert ou fermé sous la forme de club.

Dans le cas de Meetic, le modèle d'affaire est fondé sur l'abonnement. Un abonnement relativement court puisque dans la pratique elle n’excède pas 6 à 8 mois. De manière amusant la fidélité véritable des clients conduit à l'infidélité au site. Même si le montant engagé est élevé, la marque doit renouveler de manière continue son portefeuille. L'acquisition joue un rôle central, mais si son bassin est limité.
Il se constitue d'une part des nouvelles générations, encore qu'on peut se demander si celles-ci ne sont pas déjà utilisatrice de ces services sur d'autres supports. Mais surtout de ceux qui à nouveau esseulés se lance dans la recherche d'un partenaire. Les statistiques si on s'en tient au nombre de divorces sont de  l'ordre de 150 000 par an ( pour plus de détail voir l'INSEE).  Sans compter les autres séparations, et les plus jeunes.

Mais si le renouvellement constant de la population assure l'avenir, il n'oblitère pas une politique ferme d'acquisition. Celle-ci se traduit par la dépense de la moitié du chiffre d'affaire : « Acheter des clients entre 30 et 40 euros (le coût d'acquisition des abonnés) qui génèrent 100 euros de chiffre d'affaires (ils dépensent en moyenne 17 euros par mois, restent en moyenne six mois et demi). » (Guillemette Faure rue 89 -)

Quand Jean-Marie Reyt s'interroge sur cette stratégie, il le fait avec raison mais sans doute néglige le caractère très opérationnel de cet investissement hors du commun. Dépenser 30 à 40 euros, signifie 30 à 40 clics, en supposant les liens efficaces (2%) cela revient à toucher 2000 contacts au moins pour renouveler les 4/500.000 abonnés perdus. Concurrence ou non, le coût d'acquisition est le prix à payer pour convaincre les célibataires malheureux à s'engager. Si quelques  millions arrivent sur le marché chaque année, il s'agit d'en conquérir au moins 3 à 4%. La pénétration compte. Même sans concurrent la marque serait certainement amenée à maintenir l'investissement. Que cet investissement  joue un effet de barrière, sans aucun doute.

Dans tous les cas, un cas à suivre.